Nous sommes au tout début de la Bible, dans le livre de la Genèse. Dieu vient de noyer toute l’humanité par le Déluge, qu’il trouvait trop affreuse, sauf Noé et sa famille.

À peine sortie de l’Arche, Noé s’enivre de vin et se retrouve nu dans sa tente. Son fils Cham le voit et décide de raconter la situation à ses frères (Gen 9:20-23).

« Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père Noé » (Genèse 9:22)

Grave erreur ! Nous avons vu, avec l’épisode d’Adam et Eve, que Dieu (les auteurs de la Bible) n’aime pas la nudité publique, c’est une honte.

Noé est en colère, il pense que son fils Cham lui a manqué de respect en rapportant cette situation, il maudit le fils de Cham, Canaan :

« Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères ! »
Genèse 9:25 (Bible, Ancien Testament)

Noé maudit la descendance de son fils, la condamnant au plus bas degré de servitude au sein de leur société.

Dieu ne fait rien, ne dit rien.

Le mot hébreu traduit par « esclave » est « ʿeved », il possède un champ sémantique large :

  • Serviteur de Dieu (noble) / Serviteur
  • Domestique
  • Esclave, propriété temporaire ou à vie d’un maître
Les « ʿeved » : un serviteur de Dieu, un domestique et un esclave

À cette époque, Dieu parlait directement à Noé. Pourquoi ne lui a-t-il pas dit :
« Non, il est interdit de posséder un homme comme une propriété ou de le priver de sa liberté » ?

Nous verrons plus tard en détail que la Bible/Dieu ira même plus loin : elle va encadrer l’esclavage par des lois abominables. Le dieu Jésus ne demandera pas son abolition, et le Nouveau Testament demandera explicitement aux esclaves d’obéir à leurs maîtres.

(Et pour l’histoire, la malédiction prophétisée de Noé sur son petit fils Canaan fut bien appliquée par Dieu : Rois 9:20-21, Josué 16:10)

Dieu avait des sujets bien plus graves qu’interdire l’esclavage.

Voici une intervention, parmi tant d’autres, spectaculaire du dieu de la Bible pour empêcher le pire :

« Des gamins sortirent de la ville et se moquèrent du prophète Élisée, en lui disant: Vas-y, le chauve ! Vas-y, le chauve !

Élisée se retourna, les regarda et les maudit au nom du Seigneur. Alors deux ourses sortirent du bois et déchiquetèrent quarante-deux des enfants. »

Roi 2:23-24 (Bible, Ancien Testament)

Dieu envoie deux ourses massacrer 42 enfants qui se moquaient de Son prophète

Le mot hébreu original traduit par « gamin » est « na‘ar » :
il peut désigner aussi bien un enfant qu’un jeune homme.

Les spécialistes ont retenu « gamin » et « enfants » parce qu’il est ici précédé de « qatan », qui signifie « petit ».

On se retrouve donc devant deux constats, des histoires d’un dieu fou et mauvais et la plume archaïque de l’homme :

  1. Le dieu de la Bible, omnipotent et omniscient, est un détraqué : il tue des enfants qui se moquent de son prophète et trouve l’esclavage tout à fait acceptable.
  2. Avec ce récit de massacre d’enfants, comme nous avons vu avec l’histoire d’Ananias et Saphira (Nouveau Testament), les auteurs de la Bible utilisent la peur pour dissuader les fidèles de remettre en question leur autorité religieuse. À cette époque, dans cette région, l’esclavage était courant et considéré comme normal ; les auteurs ont donc écrit dans la Bible que leur dieu l’acceptait et l’encadrait.

Il ne s’agit pas de textes divinement sages, moraux et bons, mais d’écrits archaïques, humains, et dangereux du fait qu’ils sont sacralisés.