Découvrez les passages et les enseignements de la Bible qui posent problème sur les plans moral, rationnel, historique ou scientifique.

Pour un monde meilleur

Nous avons vu que le mot hébreu eved pouvait signifier serviteur, domestique ou esclave. Nous allons continuer sur la catégorie des esclaves.

Dans la Bible, Dieu donne 613 commandements à Moïse.
Ces 613 commandements contiennent les 10 commandements, que l’on connait bien, mais nous allons nous pencher sur les moins connus et tout à fait abominables dédiés spécialement aux esclaves :

« Si un homme frappe son esclave, s’il survit un jour ou deux, l’homme ne sera point puni, car c’est son argent. »
Exode 21:20-21 (Bible, Ancien Testament)

« c’est des nations qui vous entourent que vous achèterez esclaves et servantes. Vous pourrez aussi en acheter des fils des étrangers séjournant chez vous… Vous les laisserez en héritage à vos fils après vous, comme propriété; vous les garderez comme esclaves à perpétuité. »
Lévitique 25:44-46 (Bible, Ancien Testament)

« Si une ville accepte la paix et t’ouvre ses portes, toute la population qui s’y trouve sera astreinte à la corvée et te sera asservie.
Mais si elle refuse la paix et engage le combat, tu passeras tous les hommes au fil de l’épée.
Quant aux femmes, aux enfants, au bétail, tout ce qui se trouve dans la ville, tout le butin, tu t’en saisiras »
Deutéronome 20:10-11 (Bible, Ancien Testament)

Dieu autorise son peuple à acheter des enfants d’autres peuples comme propriétés à perpétuité

Au temps des royaumes d’Israël et de Juda, les esclaves des Israélites étaient en grande partie des étrangers, capturés lors de guerres ou achetés sur des marchés. Mais certains Israélites, poussés par la pauvreté ou les dettes, pouvaient également se vendre eux-mêmes ou vendre leurs filles comme esclaves. Les lois bibliques leur accordaient alors un statut bien plus favorable qu’aux esclaves étrangers.

« Quand tu achèteras un esclave hébreu, il servira durant six ans ; la septième année, il pourra s’en aller, libre »
Exode 21:2-6 (Bible, Ancien Testament)

« Si le maître d’un esclave hébreu lui a donné une femme, et qu’elle lui ait enfanté des fils ou des filles, la femme et ses enfants seront à au maître, et l’esclave hébreu sortira seul, sans ses enfants et sa femme. »
Exode 21:2-6 (Bible, Ancien Testament)

« Un homme peut vendre sa fille pour être esclave afin qu’elle devienne la femme de son maître. Si le maître la destine à son fils, il agira envers elle selon le droit des filles. »
Exode 21:7-11 (Bible, Ancien Testament)

On remarquera dans la loi de Dieu que, lorsqu’il est question de femmes esclaves, l’exploitation prend toujours une dimension sexuelle, notamment à travers des mariages forcés.

« si tu vois parmi les captives une femme bien faite, que tu la désires et veuilles la prendre pour femme, tu la conduiras dans ta maison. Tu pourras t’unir à elle : tu seras son mari et elle sera ta femme. »
Deutéronome 21, 10-14 (Bible, Ancien Testament)

Dieu permet à son peuple de sélectionner de jeunes prisonnières « bien faites » pour organiser des mariages forcés afin de pouvoir abuser d’elles sexuellement en toute légalité (Deut 21,10-14)

L’esclavage, la violence, la transmission d’êtres humains comme héritage, et le mariage forcées des jeunes prisonnières, afin de pouvoir coucher avec elles (à l’époque, les mariages pouvaient être arrangés dès la puberté, 12 ans, des jeunes filles), étaient tout à fait acceptables par le “dieu” de la Bible.

Le code esclavagiste de la Bible s’inspirait avec beaucoup de similitudes du Code de Hammurabi, des lois hittites, de la tradition juridique du Proche-Orient ancien. Un dieu bon aurait interdit ces horreurs dans sa loi. C’est la dignité de l’homme dont on parle. Un dieu omnipotent, bon et juste aurait dû être choqué, même à cette époque.

Nous ne jugeons pas ces lois bibliques et ces peuples anciens à l’aune de notre morale du 21ᵉ siècle : ce que nous examinons ici, c’est le “dieu” de la Bible et les lois qu’il est censé avoir lui-même édictées.

Par quelques gymnastiques intellectuelles, ou en remarquant que certains peuples traitaient encore plus mal leurs esclaves, des chrétiens d’aujourd’hui croient qu’un dieu bon, juste, tout-puissant et omniscient ne pouvait pas faire autrement, que c’était donc acceptable. C’est terrifiant de constater comment les religions peuvent amener leurs fidèles à accepter l’horreur, l’inhumanité, l’irrationnalité et l’immoralité.

D’ailleurs nous verrons dans la Bible que le dieu Jésus ne voudra toujours pas abolir l’esclavage et que ses apôtres ne dénoncerons jamais ce système, au contraire…