Une femme tente d’atteindre l’Homme – David (sculpture de Michel-Ange)



I. La Bible a été entièrement écrite par des hommes et, sans surprise, la femme y est largement reléguée au second plan et dévalorisée.

II. Le dieu de la Bible est révélé sous une identité masculine, tant dans le langage (Père, Seigneur, Roi) que dans l’imaginaire symbolique, installant d’emblée le masculin comme norme du divin et le féminin comme altérité secondaire ou dérivée.

III. Dieu le Père engendre Dieu le Fils, jamais une Fille, et ce Fils s’incarne dans un corps masculin (Jésus), renforçant symboliquement l’idée que le masculin serait plus apte à représenter l’universel, le sacré et le salut.

IV. Tous les anges portent des noms masculins (Michel, Gabriel, Raphaël), grammaticalement et culturellement. Aucun passage ne mentionne un ange nommé au féminin. Ils sont appelés “hommes” à plusieurs reprise, leur mise en scène est masculine.

Dans le Ciel, tous les êtres célestes sont au masculin – Les archanges Gabriel, Michel et Raphaël en compagnie de Dieu (Le Père, Le Fils et Le Saint-Esprit)

V. Dans le récit fondateur de la Genèse, l’homme est créé en premier, tandis que la femme est façonnée à partir de lui et pour lui. L’homme reçoit également le pouvoir de nommer les animaux et la femme, installant dès l’origine du récit biblique une hiérarchie ontologique entre eux, antérieure même à la chute.

« L’homme est l’image et la gloire de Dieu; la femme, elle, est la gloire de l’homme. »
1 Corinthiens 11:7 (Bible, Nouveau Testament)

« l’homme est le chef de la femme. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme; l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l’homme. »
1 Cor 11:3-9 (Bible, Nouveau Testament)

VI. La femme est désignée comme la première transgressante, Ève portant la responsabilité inaugurale du péché et qui séduit Adam, ce qui a servi pendant des siècles de justification théologique à la méfiance envers la parole, l’autonomie et le corps féminins.

« Adam n’a pas été trompé ; la femme, trompée, s’est rendue coupable de transgression. »
1 Timothée 2:14 (Bible, Nouveau Testament)

« refuse les jeunes veuves; car, lorsque la volupté les détache du Christ, elles veulent se marier »
1 Timothée 5:11 (Bible, Nouveau Testament)

« Une femme provocante ne sera pas plus respectée qu’un chien, celle qui a de la modestie craindra le Seigneur.»
Siracide 26:24-25 (Bible, Ancien Testament)

« pour te préserver de la femme mauvaise, de la langue doucereuse d’une étrangère. Ne convoite pas dans ton cœur sa beauté, ne te laisse pas prendre à ses œillades »
Proverbes 6:24-26 (Bible, Ancien Testament)

« À cause d’une femme, le péché a commencé, et à cause d’elle nous mourons tous. »
Siracide 25:23/24 (Bible, Ancien Testament)

VII. Les figures structurantes du judaïsme ancien (l’Ancien Testament) sont les patriarches, littéralement : Abraham, Isaac, Jacob, puis Moïse.
Aucune matriarche.

Les patriarches de la Bible

« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme Sara, qui obéissait à Abraham (le patriarche) et l’appelait son seigneur. »
1 Pierre 3:3-6 (Bible, Nouveau Testament)

VIII. Le dieu de la Bible donne la loi Mosaïque (qui contient les 10 Commandements) au prophète Moïse, elle contient des lois abominables pour les femmes : Les lois abominables de Dieu pour les femmes

IX. L’accès à la prêtrise est explicitement interdit aux femmes, dans le judaïsme comme dans le christianisme institutionnel, excluant structurellement la moitié de l’humanité de la médiation officielle avec le dieu de la Bible.

« Tu feras approcher d’entre les fils d’Israël Aaron ton frère et ses fils avec lui pour qu’ils exercent le sacerdoce. »
Exode 28:1 (Bible, Ancien Testament)

« Je ne permets pas à la femme de faire la loi à l’homme. »
1 Timothée 2:12-14 (Bible, Nouveau Testament)

Un prêtre du Temple de l’Israël antique (cohen), un rabbin, un prêtre catholique, un pasteur protestant et un prêtre orthodoxe

X. La quasi-totalité des livres de l’Ancien Testament portant un nom genré sont masculins : 23 portent des noms d’hommes, contre seulement 3 de femmes.
On compte également plus de 30 prophètes pour à peine 5 prophétesses,
11 juges hommes contre une seule femme (qui ne dirige pas l’armée),
et 42 rois légitimes des royaumes d’Israël et de Juda (Jérusalem) pour aucune reine.

XI. Dans le Nouveau Testament, tous les livres avec un nom genré portent des noms masculins : 15 noms d’hommes, aucun de femme.

XII. Jésus choisit douze disciples, tous des hommes.
Lors de son dernier repas sur terre, il est entouré uniquement de ces douze hommes, perpétuant ainsi la tradition qui inscrit l’autorité religieuse dans un cercle exclusivement masculin.

Le dieu Jésus et ses douze disciples

XIII. La Bible ne mentionne aucun culte rendu à Marie, la mère de Jésus. Ce culte apparaît progressivement à partir du IIIᵉ siècle, avant d’être reconnu au concile d’Éphèse en 431. Il sera ensuite rejeté par le protestantisme lors de la Réforme au XVIᵉ siècle. Dans tous les cas, Marie n’est pas une déesse et n’est en aucune manière l’égale de Dieu : dans le catholicisme, son adoration est interdite.

XIV. Marie Madeleine est surnommée affectueusement « l’apôtre des apôtres » par l’Église catholique, non pas parce qu’elle serait elle-même apôtre, mais parce qu’elle a eu le « privilège » d’annoncer aux apôtres la résurrection de Jésus. Elle a donc pu, pour un moment, délaisser son ministère des soins domestiques pour exercer celui de facteur.

La Bible reflète le monde patriarcal antique qui l’a produite.

Écrite, transmise et interprétée par des hommes dans des sociétés dominées par les hommes, elle projette cette domination jusqu’au divin lui-même.

La Bible n’est pas une révélation universelle : c’est une sacralisation d’un ordre social masculin misogyne, archaïque et profondément inégalitaire envers les femmes.

Il n’y a quoi que ce soit de divin.