Avant tout, il faut rappeler que Jésus affirme qu’il est un être divin — il se présente comme siégeant à la droite de Dieu le Père, pardonne en Son nom et se dit être Un avec Lui ; en résumé il est aussi Dieu.

C’est donc Jésus lui-même qui a jeté les fondations d’un patriarcat particulièrement nauséabond dès la Genèse (voir l’article « Puis Dieu créa la femme« ) et dans la loi de Moïse (voir l’article « Les lois de Dieu pour les femmes« ).
C’est également lui qui a instauré un climat profondément anxiogène dans les relations entre hommes et femmes juifs, en prescrivant que les adultères soient punis par la lapidation, c’est-à-dire par une exécution à coups de pierres (Deutéronome 22:22-24, Lévitique 20:10).
💡 À propos du Dieu trois en un : la Trinité
Dans le christianisme Dieu est Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, trois personnes distinctes en même temps. C'est la création d'un dieu trois en un, la Trinité. C'est un blasphème et une abomination pour les juifs, pour eux c'est comme affirmer que Dieu est tel Cerbère, le chien mythologique grec polycéphales à 3 têtes ; c'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils chercheront à faire mourir Jésus qui se présente comme le Dieu roi des juifs.
Jésus, en se présentant comme une divinité, sait que cette idée ne pourra être acceptée par la majorité des Juifs. Le christianisme se distingue alors du judaïsme en cessant d’être destiné à un seul peuple pour s’adresser à l’humanité tout entière.
Dans ce contexte, Jésus ne peut pas se passer des femmes, qui représentent plus de la moitié des êtres humains : les exclure de l’annonce du message serait se priver d’une aide précieuse.
En s’incarnant (se faisant homme) en Jésus, Dieu décide alors d’associer davantage les femmes au projet.
« pour te préserver de la femme mauvaise, de la langue doucereuse d’une étrangère. Ne convoite pas dans ton cœur sa beauté, ne te laisse pas prendre à ses œillades »
Proverbes 6:24-26 (Bible, Ancien Testament)« Ne te livre pas entre les mains d’une femme, de peur qu’elle ne prenne de l’ascendant sur toi.
Ne fréquente pas une chanteuse tu te ferais prendre à ses artifices.
N’arrête pas ton regard sur une jeune fille, de crainte d’être puni avec elle.
Détourne ton regard d’une jolie femme et ne l’arrête pas sur une beauté étrangère. Beaucoup ont été égarés par la beauté d’une femme et l’amour s’y enflamme comme un feu.
Près d’une femme mariée garde-toi bien de t’asseoir et de t’attabler pour des beuveries, de crainte que ton cœur ne succombe à ses charmes et que dans ta passion tu ne glisses à ta perte. »
Siracide 9:2-9 (Bible, Ancien Testament)
« À cause d’une femme, le péché a commencé,
et à cause d’elle nous mourons tous. »
Siracide 25:23/24 (Bible, Ancien Testament)
Or la femme est présentée par Dieu dans la Genèse, la loi de Moïse, l’Ancien Testament, comme subordonnée à l’homme et marquée par la figure de la tentatrice. L’adultère étant alors passible de mort, elles suscitaient la méfiance des hommes Juifs de l’époque, ils avaient donc établi de nouvelles règles sévères qui enfermaient les femmes dans une plus large mesure.
Pour sa nouvelle religion Jésus doit donc leur accorder une place plus importante et un peu de dignité.
Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce que Jésus parlait avec une femme.
Jean 4:27 (Bible, Nouveau Testament)

A cette époque les juifs avaient créé de nouvelles barrières pour se protéger des femmes « tentatrices » et de l’adultère :
– un rabbin ne s’entretenait pas seul avec une femme en public
– encore moins avec une femme inconnue
– certains traités rabbiniques recommandaient d’éviter même de saluer une femme en public.
« Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m’aider.
Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Mais une chose est nécessaire; et Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. »
Luc 10:39-42(Bible, Nouveau Testament)
💡À propos du terme "soins domestiques"
Le mot original grec utilisé pour le mot soin/service est "diakonia" qui est effectivement utilisé pour les services domestiques rendus aux saints comme l'attestent ces autres versets : 1 Corinthiens 16:15, 2 Corinthiens 9:12, 2 Corinthiens 9:1
Mêmes les femmes s’étonnent quand Jésus les invitent de temps en temps à laisser les tâches domestiques de côté pour écouter ses enseignements.

Enfin, Jésus laissera aux femmes annoncer en première qu’Il s’est ressuscité lui même (la Trinité) au bout de 3 jours (Matthieu 28:5-10), ceci permet de redonner une place aux femmes dans le ministère.
Mais est-ce si rose pour les femmes ?
Est-ce suffisant ?
Ça ne l’est pas, voici ce que Jésus n’a pas voulu entreprendre et qui continuera à empoisonner la vie des femmes jusqu’à encore aujourd’hui :
- il n’abolit pas le patriarcat qu’il avait institué bibliquement. La femme reste une aide pour l’homme, faite pour lui, sa subordonnée.
- il ne lève pas non plus l’interdiction qu’il avait mise aux femmes d’accéder au ministère sacerdotale (Exode 28:1). C’est a dire qu’elles ne peuvent toujours pas devenir prêtre, célébrer les offices et les sacrements. C’est toujours appliqué aujourd’hui dans l’Église catholique, orthodoxes et dans la majorité des courants protestants. En effet pour ses douze disciples, Jésus s’entoure seulement d’hommes (Luc 6:13-16) et ils passent sa dernière soirée sur Terre qu’avec eux pour instituer l’eucharistie/la Sainte Cène (Matthieu 26:20-28).

➔ Si une partie des Juifs avaient été prêts à accueillir l’idée que Dieu est en fait 3 personnes en même temps, qu’Il ait un Fils, qu’Il se soit fait homme en la personne de Jésus, qu’Il soit descendu sur Terre pour se sacrifier puis se ressusciter Lui-même trois jours plus tard, alors ces mêmes Juifs auraient très certainement été capables d’entendre que l’homme n’est pas le chef de la femme, ou encore que la femme puisse accéder au sacerdoce.
D’ailleurs, en Égypte, les femmes pouvaient déjà être prêtresses depuis des siècles, et il en allait de même chez les Romains comme chez les Grecs. Leur faire avaler la pilule du dieu trois en un et que tous les autres dieux et religions étaient erronées était intellectuellement encore plus difficile à admettre.
Nous verrons que ces choix de Jésus de ne pas réellement revenir sur la condition des femmes auront des conséquences catastrophiques sur les écrits apostoliques qui constitueront le reste du Nouveau Testament.
