Après son voyage sur Terre en Israël, le dieu Jésus retourne dans sa maison au Paradis.
En attendant son retour promis, la première communauté chrétienne de Jérusalem s’organisa autour du partage des biens pour assurer le soutien mutuel et surtout celui des apôtres chargés de convertir les païens.
Ananias et Saphira, deux chrétiens, vendent leur terrain afin d’en reverser les bénéfices à la communauté. Ils décident cependant, en secret, de conserver une partie de la vente.

« St-Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias, entendant ces paroles, tomba, et expira.
Environ trois heures plus tard, sa femme Saphira entra, sans savoir ce qui était arrivé. St-Pierre lui adressa la parole: Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l’Esprit de Dieu ? Au même instant, elle tomba aux pieds de l’apôtre, et expira. »
Actes 5:3-10 (Bible, Nouveau Testament)

Jésus-Christ affirme être Dieu, le christianisme introduit le concept du dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Le Christ, en tant que Dieu le Fils, est donc bien l’auteur de cette double exécution puisqu’il est pleinement Dieu.
Selon la théologie chrétienne, Dieu avait fait massacrer sur la croix sa propre part, Jésus, afin de mettre un terme aux châtiments directs (ex : Lévitique 20:13) qu’Il demandait autrefois pour les pécheurs.
Pourtant, dans ce récit, Dieu semble s’accorder une exception afin de marquer les esprits des premiers chrétiens : « On ne ment pas à Dieu », Ananias et Saphira tombent morts.

« Une grande crainte s’empara de toute l’assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses. »
Actes 5:11 (Bible, Nouveau Testament)
Les apôtres doivent diffuser la nouvelle religion du dieu Jésus.
Face aux fragilités d’un mouvement naissant dépendant des dons et de la cohésion interne, ils ont besoin de consolider ses structures, son économie interne et surtout leur autorité : Dieu les aide avec une exécution sommaire de deux croyants.
Après les menaces incessantes de l’Enfer (cf l’article) pour les mauvais élèves, Dieu passe à l’intimidation directe, il continue ainsi la pédagogie par la peur, dramatisée pour produire obéissance, conformité et contrôle.
L’ironie réside dans la suite de l’histoire de la chrétienté. Ce Dieu, capable de sanctions foudroyantes parmi ses fidèles, demeure ensuite étrangement silencieux face aux tragédies, elles, bien réelles :
- les guerres de religion entre catholiques et protestants,
- abus sexuels sur des enfants commis par les prêtres et pasteurs de l’Église,
- exécutions d’« hérétiques » (sorcières (Exode 22:18), homosexuels (Lévitique 20:13 ), apostats (Deutéronome 17:2-5) , etc)
- complaisance (1 Timothée 6:1-2) avec l’infâme traitement et l’esclavagisme des africains par les nations chrétiennes,
- les différents scandales de la Banque du Vatican, ou combien de fois des pasteurs et prêtres ont volé dans les dîmes et offrandes de leurs fidèles.
L’histoire ne montre aucun Dieu venant corriger les dérives, empêcher les massacres, arrêter les abus ou assainir les institutions qui prétendent parler en Son nom.
La mort subite d’Ananie et Saphira est une mise en scène littéraire destinée à discipliner, intimider et souder les chrétiens.
Ces textes portent la signature des hommes, non celle d’une inspiration surnaturelle. Et derrière la rhétorique sacrée, on retrouve des mécanismes bien connus profondément immoraux et humains : autorité, intimidation, crainte, obéissance, légitimation.
