Avant Sa descente sur Terre via Jésus, Dieu avait fait une alliance avec le peuple hébreu (puis juif).

Tout le reste de l’humanité était mis de côté pendant des siècles et des siècles.

Moïse se présente comme porteur de la parole du Dieu qui a conclu une alliance exclusivement avec le peuple hébreu

Dans cette alliance, rapportée par le prophète Moïse, le peuple hébreu devait respecter 613 commandements (comprenant le fameux décalogue — les Dix Commandements).

C’est à ce moment-là que Dieu leur interdit, par exemple, de consommer la viande de porc ou d’associer deux tissus différents dans un même vêtement.

L’idée c’était de montrer à tous les autres peuples de la Terre que les hébreux étaient les plus sages, intelligents, justes et bons grâce à leur alliance avec Dieu.

Voici, je vous ai enseigné des lois et des ordonnances, comme l’Eternel, mon Dieu, me l’a commandé, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession. Vous les observerez et vous les mettrez en pratique; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de toutes ces lois et qui diront : Cette grande nation est un peuple absolument sage et intelligent ! Quelle est, en effet, la grande nation qui ait des dieux aussi proches que l’Eternel, notre Dieu, l’est de nous toutes les fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous présente aujourd’hui ?

Deutéronome 4, 6-8.

Moïse, sous l’inspiration divine, consigne par écrit la Torah, les cinq premiers livres de la Bible.

Il y avait des commandements très particuliers pour les femmes, découvrons ensembles ces pépites :

Quand défendre son mari coûte une main

Lorsque des hommes se querelleront ensemble, l’un avec l’autre, si la femme de l’un s’approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe, si elle avance la main et saisit ce dernier par les parties honteuses, tu lui couperas la main, tu ne jetteras sur elle aucun regard de pitié.
Deutéronome 25:11-12

Quelle sauvagerie inutile de Dieu et, bien sûr, Il n’a fait aucune loi spéciale si un homme saisi les parties « honteuses » d’une femme…

Une femme s’est fait couper la main pour avoir tenté de défendre son mari, conformément à ce que prescrit Dieu

Le viol transformé en mariage forcé

Si un homme rencontre une jeune fille vierge non fiancée, lui fait violence et couche avec elle, et qu’on vienne à les surprendre, l’homme qui aura couché avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante sicles d’argent; et, parce qu’il l’a déshonorée, il la prendra pour femme, et il ne pourra pas la renvoyer, tant qu’il vivra.
Deutéronome 22:28-29

Magnifique punition pour l’homme, il doit indemniser le père de la violée, tel un mobilier qu’il aurait détérioré. Quant à la femme, elle reçoit également une belle justice, elle est contrainte de se marier avec son violeur.

Dieu aurait pu demander un châtiment corporel exemplaire aux violeurs (comme Il aime vraisemblablement ça), leur faire retirer un œil, leur pénis ou une jambe. Et par un rite miraculeux, en compagnie d’un prêtre, rendre la femme de nouveau officiellement « vierge ».

Mais non : rien de tout cela n’est prévu pour Ses filles…

Conformément au commandement de Dieu, la jeune femme doit se marier à son violeur

La fille vendue, propriété à disposer

Si un homme vend sa fille pour être esclave […] Si elle déplaît à son maître, qui s’était proposé de la prendre pour femme, il facilitera son rachat; mais il n’aura pas le pouvoir de la vendre à des étrangers, après lui avoir été infidèle. S’il la destine à son fils, il agira envers elle selon le droit des filles.
Exode 21:7-11

Dieu permet que les filles soient vendues tel du mobilier par leurs pères. Une fois acquises, leurs maîtres peuvent les épouser eux-mêmes ou les donner en mariage à quelque membre de leur famille, selon leur bon vouloir.

Un père pauvre vend sa fille en esclave. Le nouveau maître pourra se marier avec elle (la polygamie est acceptée par Dieu) ou la marier à l’un de ses fils. Avec la bénédiction du dieu de la Bible.

Aucune loi semblable pour les fils.

Quand le drap de noces décide de la vie d’une femme

Si un homme, qui a pris une femme [..] lui impute des choses criminelles et porte atteinte à sa réputation, en disant: J’ai pris cette femme, je me suis approché d’elle, et je ne l’ai pas trouvée vierge, alors le père et la mère de la jeune femme prendront les signes de sa virginité et les produiront devant les anciens de la ville, à la porte. 

Le père de la jeune femme dira aux anciens: J’ai donné ma fille pour femme à cet homme, et il l’a prise en aversion; il lui impute des choses criminelles, en disant: Je n’ai pas trouvé ta fille vierge. Or voici les signes de virginité de ma fille. Et ils déploieront son vêtement devant les anciens de la ville. 

Les anciens de la ville saisiront alors cet homme et le châtieront; et, parce qu’il a porté atteinte à la réputation d’une vierge d’Israël, ils le condamneront à une amende de cent sicles d’argent, qu’ils donneront au père de la jeune femme. Elle restera sa femme, et il ne pourra pas la renvoyer, tant qu’il vivra.

Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s’est point trouvée vierge, on fera sortir la jeune femme à l’entrée de la maison de son père; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra, parce qu’elle a commis une infamie en Israël, en se prostituant dans la maison de son père. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.

Deutéronome 22:13-21

Enorme pépite, un homme peut mettre en doute la virginité de sa femme mais pas l’inverse.

Pire, s’il s’est trompé, il devra indemniser financièrement le père de la femme mais s’il ne s’est pas trompé la femme sera lapidée (jets de pierres) à mort.

Ainsi, avant son Incarnation en Jésus, Dieu ordonnait que l’on inflige ce traitement aux femmes qui n’étaient pas restées vierges jusqu’au mariage.

Une femme n’est pas restée vierge jusqu’à son mariage, conformément à la Loi de Dieu, elle doit être tuée par jets de pierres

Hommes et femmes : valeur marchande inégale devant Dieu

L’Eternel parla à Moïse, et dit: Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras: Lorsqu’on fera des vœux, s’il s’agit de personnes, elles seront à l’Eternel d’après ton estimation. 

Si tu as à faire l’estimation d’un mâle de vingt à soixante ans, ton estimation sera de cinquante sicles d’argent, […] si c’est une femme, ton estimation sera de trente sicles. 

De cinq à vingt ans, ton estimation sera de vingt sicles pour un mâle, et de dix sicles pour une fille. 

D’un mois à cinq ans, ton estimation sera de cinq sicles d’argent pour un mâle, et de trois sicles d’argent pour une fille. 

De soixante ans et au-dessus, ton estimation sera de quinze sicles pour un mâle, et de dix sicles pour une femme. 
Lévitique 27:1-7

Dieu met littéralement un prix sur la tête des êtres humains, et les femmes « valent » moins que les hommes par simple fait de naissance. Une loi sacrée qui institutionnalise la hiérarchie des sexes, rabaisse les femmes.

Le divorce à sens unique

Lorsqu’un homme aura pris et épousé une femme qui viendrait à ne pas trouver grâce à ses yeux, parce qu’il a découvert en elle quelque chose de honteux, il écrira pour elle une lettre de divorce, et, après la lui avoir remise en main, il la renverra de sa maison. 

Elle sortira de chez lui, s’en ira, et pourra devenir la femme d’un autre homme. 

Si ce dernier homme la prend en aversion, écrit pour elle une lettre de divorce, et, après la lui avoir remise en main, la renvoie de sa maison; ou bien, si ce dernier homme qui l’a prise pour femme vient à mourir, alors le premier mari qui l’avait renvoyée ne pourra pas la reprendre pour femme après qu’elle a été souillée, car c’est une abomination devant l’Eternel, et tu ne chargeras point de péché le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne pour héritage.
Deutéronome 24:1-4

On ne trouvera bien sûr aucun commandement prévoyant le cas inverse.

La captive de guerre, transformée en esclave sexuel

Lorsque tu iras à la guerre contre tes ennemis, si le Seigneur ton Dieu les livre entre tes mains et que tu leur fasses des prisonniers, si tu vois parmi les captives une femme bien faite, que tu la désires et veuilles la prendre pour femme, tu la conduiras dans ta maison.

Elle se rasera la tête, se coupera les ongles, elle quittera le vêtement de sa captivité et restera dans ta maison ; elle pleurera son père et sa mère pendant un mois entier.

Ensuite, tu pourras t’unir à elle : tu seras son mari et elle sera ta femme.

Si elle ne te plaît plus, tu la laisseras partir où elle voudra ; tu ne pourras ni la vendre ni la traiter en esclave, puisque tu l’as humiliée.
Deutéronome 21:10-14

Si elles ne faisaient pas partie du peuple élu de Dieu, sa condition était bien pire. Nous avons ici un petit manuel dicté par Dieu en personne pour bénir et encadrer l’esclavage sexuel. La femme n’est pas une personne, mais un butin que l’on prend, puis que l’on renvoie quand elle ne plaît plus : aucun mot sur son consentement. On lui ordonne de se raser la tête, de se couper les ongles, on la fait pleurer un mois, puis l’homme “vient vers elle” comme s’il allait simplement consommer ce qu’il a gagné à la guerre.

(Et bien sûr, pas un mot sur les hommes « beaux » : Dieu n’autorise que l’amour et le désir hétéro.)

💡 Le symbolisme du traitement d'un mois

On ne demande pas à la femme captive si elle souhaite se raser et se couper les ongles. On le lui ordonne. Le texte emploie des formes prescriptives typiques du droit biblique. Il ne présente ni option ni dialogue. C’est une dévalorisation. Dans l’iconographie proche-orientale, les cheveux sont porteurs de symbolismes ; on rasait les captives pour marquer la perte de dignité, signifier la chute de statut, porter atteinte à la beauté et créer une rupture identitaire. 

Une captive humiliée qui sera mariée de force à son maître, avec la bénédiction de Dieu



Quelle merveilleuse société Dieu instaure ici : la femme y est constamment rabaissée, traitée comme une propriété masculine — et nous verrons plus tard d’autres passages bibliques allant dans le même sens.

Rappelons qu’à la même époque, le statut des femmes était plus favorable dans d’autres civilisations, notamment en Égypte ancienne, à Sparte, chez les celtes ou les bedoins préislamiques :

  • possibilité plus grande de posséder et de gérer des terres ou des richesses en leur nom propre
  • accès plus large au divorce et parfois à une compensation
  • possibilité d’ester en justice en leur nom
  • rôle social moins strictement confiné au foyer
  • liberté de mouvement généralement plus importante
  • reconnaissance d’un leadership féminin institutionnalisé (clan, tribu, prêtrise, royauté dans certains cas)
  • éducation plus développée dans certains contextes (notamment à Sparte)
Une spartiate, une celte, une bédoine et une égyptienne consolent une israélite

Un dieu à la fois bon et tout-puissant aurait-il réellement pu faire écrire de tels textes, ou même permettre qu’on les rédige en Son nom ?

Ou bien n’était-ce là que des hommes, marqués par leur époque, érigeant un patriarcat particulièrement dur en le présentant comme un prétendu décret divin ?